COMMENCEMENT

Le moment le plus doux d'un amour qui commence
Est le moment rêvé du tout premier baiser
Lorsque sur l'être aimé, on se penche en silence,
Les deux coeurs sont unis et les corps épousés !

Tu contemples le paysage merveilleux
Qui s'étale à tes pieds
Mais pour moi, tout mon univers est dans tes yeux
Que je vois de biais.

Pourquoi les coeurs s'ouvrent et se laissent percer
Par les vues si jolies ?
Pourquoi donc si ému, on se laissait aller
On ferait des folies ?

Nos épaules se touchent et j'en ai des frissons
En te sentant si près.
Peut-être à l'instant nos coeurs sont à l'unisson
Mais le ciel seul le sait.

La mousse est douce et tu t'allonges sur le dos
Les mains le long du corps ;
Sous le soleil qui aujourd'hui est vraiment chaud
Peu à peu tu t'endors !

Tes cheveux sont artistement échevelés
En tapis sous ta tête,
Et quelques mèches rebelles par l'air, levées
Jouent en faisant la fête.

Moi je parle car c'est tout ce que je peux faire :
Tu as les yeux fermés !
Ah ! Si j'osais mais alors je devrais me taire
Si je veux t'embrasser !

Le moment le plus doux d'un amour qui commence
Est le moment rêvé du tout premier baiser,
Lorsque sur l'être aimé on se penche en silence,
Les deux coeurs sont unis et les corps épousés.

Mon regard te parcourt et découvre ton corps
Sans s'attarder pourtant.
Mon Dieu ! Ta robe me parait légère alors
Les coins se soulevant.

En ce moment je suis sur des charbons ardents
Plus très maître de moi,
Car de voir ta peau nue ça me met par instant
Des fourmis dans les doigts.

Ta respiration qui fait gonfler ton corsage
Ne peut le faire craquer :
Il a l'air de renfermer deux oiseaux en cage
Qui voudraient s'échapper.

Je cueille une fleur que j'enfile en douceur
Dans une boutonnière :
C'est une marguerite, fleur entre deux fleurs,
Elle y est prisonnière.

Aussitôt éveillée par ma main sur ton coeur,
Surprise et toute rose,
Tu ne dis rien mais tu la retiens : quel bonheur !
Enfin il faut que j'ose !

Le moment le plus doux d'un amour qui commence
Est le moment rêvé du tout premier baiser,
Lorsque sur toi, Olga, je me penche en silence
Nos deux coeurs sont unis et nos corps épousés !


Retour Présentation