TAILLE  FINE

Je te regarde avec ravissement, souvent,
Quand au hasard des rues, toi tu marches devant.
Redécouvrant toujours ta belle silhouette :
Longue, fine et brune comme une cigarette !

Tu paraîtrais ainsi un animal gracile
Ou comme une herbe fine, une plante fragile.
Mais mon regard s'arrête aux endroits délicats :
Ton cou, ta taille fine et tes jambes en tout cas !

J'aime cette grâce que tu as de marcher
Et de voir tant d'allant, j'hésite à m'approcher.
Soudain je me demande de quoi tu te plains ?
Est-ce vraiment de la rondeur de tes doux reins ?

Penses-tu être obèse au point d'en être informe ?
Pourquoi toujours masquer tes atours et tes formes ?
Te trouves-tu énorme au point de les cacher
À l'aide des draps que j'aurais du arracher ?

J'aurais dû dénuder et tes seins et tes cuisses
Pour te voir en entier et finir ce supplice !
Je n'ai pas aperçu, tant la nuit était noire
Ton doux jardin secret que j’aurais aimé voir !

Pour t'avoir dans l'esprit d'une façon complète
Et découvrir ton corps toujours à l'aveuglette,
Je dois passer partout mes mains de haut en bas
Mais bien que je te sente je ne te vois pas !

Je dois te lire en braille, au hasard, à tâtons,
Découvrant une oreille, une épaule, un téton ;
Sur ton sein, effleurant de mon doigt l'aréole,
Je ne distingue pas cette sombre auréole !

Je serais si heureux de te voir effacer
Cette idée de rondeur, de grosseur du passé,
Pour ne plus m'empêcher, O plaisir visuel,
De te voir toute nue, à l'état naturel !

Mais toutes les beautés que l'on voit en photos
Possèdent des rondeurs gonflant le bas du dos !
Et tu ne verras pas de toutes celles-là
La plus moche des filles posséder le dos plat !

Il vaut mieux que tu aies entre tes belles hanches
Le dos pareil à l'arc et non telle une planche !
Ta taille possède le secret de ta ligne
Que tant de femmes envient et tant d'hommes désignent !

Non, Lilie je t'en prie, ne t'en fais plus pour ça,
Ton profil me plaît bien car je t'aime comme ça,
Et je souris de voir au milieu de tes reins
Ce doux creux que ce soir épouseront mes mains !


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