
ADIEU MON PAYS !
Aujourd’hui va mon cœur au-dessus de la mer,
Vers ces anciens rivages qu’il a tant aimés,
Mais la brise du soir lui parait bien amère
Car il les a quittés je crois à tout jamais !
Du levant au couchant, de la mer au désert,
Il revoit en pleurant sa terre bien aimée.
Mais les évènements, la folie meurtrière
Ont abrégé trop tôt cet amour passionné !
Pourtant il reconnaît la couleur de sa terre,
La blancheur du coton, la blondeur de ses blés,
Les allées de sa vigne en marron et en vert,
Le bleu clair de ses lacs et le roux de ses prés.
Il en vient à frôler dans sa ronde céleste
Cette surface aimée, la touchant par instant,
En arrivant même à déranger dans leur sieste
Les lapins des sillons, les canards des étangs.
Il passe comme un souffle au-dessus de la plaine
Pour sentir le fenouil et l’odeur des genêts ;
Et puis de son rivage il respire l’haleine,
Ecoutant le ressac et le chant des galets.
Il se souvient toujours des vagues de ses dunes,
Que se soit sur les plages ou même au désert,
De ses sables brûlants ou de ses roches brunes
Et de la transparence de l’eau de la mer.
Adieu, terre perdue qui a fait mon bonheur !
Adieu, mon bien de Dieu, mon paradis sur terre !
Adieu, mon cher pays, Algérie de mon cœur !
Adieu, mais jamais il ne t’oubliera, j’espère ! 
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