LA POMME
Ce matin je vois une pomme,
Une pomme dans mon jardin.
Je prends mon crayon et ma gomme,
Et mes pinceaux si je la peins.
Même si elle est monochrome
Je lui trouve un charme certain :
Je la regarde et la vois comme
Elle sera sur mon vélin !
Je tends le bras et je l’empaume
Mais je m’arrête soudain :
Je sens une sorte de baume
Qui me remplit alors la main ;
Elle me colle dans la paume
Par ses écailles que j’étreins
Car elle est imprégnée de gomme,
Cette sale pomme de rien ;
Je la secoue il faut voir comme
Et je la jette avec dédain :
C’était une drôle de pomme,
C’était une pomme de pin !

