MON ARMÉE  DE  L'AIR

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« Ô, rage ! Ô, désespoir ! Ô, Armée ennemie !

Qui effaça d’un « NON ! » le rêve de ma vie !

Me serais-je engagé dans cette Armée de l’Air

Pour ne jamais voler en restant pieds à terre ?

Et pourrai-je souffrir cette grande injustice

En nettoyant la cour dans le bruit des hélices ?

Moi aussi j’aurais pu être un fameux pilote :

J’en avais les vertus, l’esprit et l’âme haute !

J’aurais représenté le parfait officier,

La crème, l’élite et le dessus du panier !

Le ciel m’avait promis d’approcher les avions,

De leur toucher la queue et tous les ailerons,

De leur tâter le ventre et caresser le dos,

De vérifier toujours l’intra et l’extrados,

De me mettre aux commandes et de me tenir prêt :

Il ne m’avait pas dit que je décollerais !!!

Car le destin veillait, machiavéliquement,

Il me refusait tout systématiquement !

De pilote bien né, je n’avais que la liste

De ces travaux guerriers : tel balayer la piste,

Contrôler les micros, recaler les fréquences,

Et bricoler au sol les avions en souffrance !

Je maudissais l’Armée dans ses représentants

Qui m’avaient relégué à ce deuxième rang :

« Sous-officier rampant, ceci sera ton sort,

Obéis, soumets-toi ou bien alors tu sors ! »

Cruelle alternative, ou bien choix cornélien,

Je ne supportais pas ce chantage terrien !

Vous voulez que je parte alors je partirai,

Aléa jacta est, le sort en est jeté !!! »

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