SOMMEIL

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Ange, tu dormais dans ton lit,

Douce mésange dans son nid !

La blancheur de ta gorge nue,

S'offrait aux baisers retenus ;

Tes lèvres entrouvertes, rosées,

Laissaient briller tes dents nacrées ;

Tes blonds cheveux, fous et sauvages,

Auréolaient d'or ton visage :

Tu ressemblais à la Madone

Et d'y penser, je te pardonne !

.

Alors que tu dormais en paix,

Dans mon coeur un vent froid soufflait.

Tu m'apparus si frêle alors,

Sous ce drap qui couvrait ton corps,

Que devant ce tendre tableau,

Mon âme s'émut aussitôt.

Te voyant dans tes rêves bleus

J'oubliais tous ces mots affreux

Que je voulais te dire alors :

Que tu es belle quand tu dors !

Tu ressemblais à la Madone

Et d'y penser, je te pardonne !

*


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