
L'APOCALYPSE de Saint JOCELYN
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Cet étrange garçon
Qui n'aimait pas la vie
Contre toute raison
L'a quand même subie.
N'aimant rien ni personne,
Ne s'aimant pas lui-même
Tous les Blancs, Noirs et Jaunes
Avaient son anathème.
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Tolérant la nature
En ses six éléments :
Feu, terre, eau et air pur,
Faune et flore seulement.
Il était rancunier
A l'état maladif
Et pourquoi le nier,
Plutôt vindicatif !
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Ayant l'humain en haine
Par Dieu sait quelle notion,
Pour lui la vie humaine
Etait aberration.
S’il avait du choisir
Entre l'homme et le chien
Avec un grand sourire
Il tuait l’hominien !
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Déjà jeune gamin,
Il prenait avec zèle
Les mouches avec la main,
Leur arrachant les ailes.
Un destin similaire,
Il le voulait à l’homme :
Au fond d’une soupière,
Avec beaucoup de pommes !
.
Il se voyait acteur,
Platonique Démiurge,
Un petit créateur
Ou un grand Thaumaturge.
Refaçonnant la Terre
En un but d'idéal,
Chamboulant toute pierre,
Annihilant le mal !
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Rêvant des Héloïms,
De Sodome et Gomorrhe,
Adama, Séboïm,
Siloé ou Angkor :
« Les gens de ces théâtres :
Darius et Alexandre,
Caesar et Cléopâtre
Ne sont plus que des cendres ! »
.
« L'Humanité entière
Mérite le même sort,
Sans pitié singulière
Pour "Un tel et Consorts!"
Vers toi mon chant s'élève,
Dieu vengeur des ancêtres
Car aujourd'hui l'élève
A dépassé le maître ! »
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« Tout l’orgueil insensé
Que l’homme a pu nourrir
Sera le fer lancé
Qui le fera périr !
Pour une nouvelle ère
Et pour un nouvel homme
La vie sera sur Terre
Rayée d’un coup de gomme ! »
.
« Je détruirai vos tours,
Vos murs pentagonés,
Ne laissant que vautours
Et corbeaux croasser ;
Vos palais, vos jardins,
Vos étangs, vos prairies,
Vos bateaux, tous vos biens
Seront anéantis ! »
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« J’incendierai partout
Les abris de vos dieux !
Edifices de fous
Elevés vers les cieux :
Vous les avez construits
Pour abêtir l’humain,
Vous les verrez détruits
Par le feu de mes mains ! »
.
« Je brûlerai vos croix,
Vos croissants, vos étoiles,
Ce qui fait votre foi :
Vos chapelets, vos voiles,
Vos tapis, vos chéchias,
Vos moulins à prières,
Vos rouleaux, vos kippas,
Vos dogmes délétères ! »
.
« Et dans l’autodafé
De vos écrits menteurs
Je devrai rajouter
Vos uniques valeurs :
Bannières étoilées,
Pièces d’or, billets verts
Et drapeaux maculés
Du sang de tant de guerres ! »
.
« Quand j’aurai tout détruit,
J’écraserai les races :
De ces porcs et ces truies
J’effacerai la trace !
Que les hommes périssent
Dans leur lubricité :
Je serai comme Ulysse :
Destructeur de cités ! »
.
« Que les hommes subissent,
Que les femmes en bavent,
Que les volcans vomissent
Des océans de lave !
Les nuages créeraient
Un déluge de feu
Mais Noé manquerait
Pour sauver un seul d’eux ! »
.
"J'inverserai dit-il,
En abîmes profonds
Les monts et puis les îles
En abysses sans fonds.
Pour que la surface
Soit une peau d'orange,
Que ce soit une masse,
Que se soit de la fange !".
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« Et je labourerai
En de larges sillons
Cette terre où mouraient
Les dernières nations !
Après avoir brassé,
Retourné et pétri,
Rien ne sera dressé :
Ni homme ni patrie ! »
.
« La troisième planète
Du système solaire
Finira sa saynète
Au milieu de l'aether.
Elle sera pareille
A ses huit autres soeurs :
Eclairée de soleil,
Mais n’aura plus de coeur ! »
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« Elle continuera
Sa course vagabonde
Ceinturant d’une aura
La misère du monde :
Un immense cortège
Fait de sang et de crânes,
Gigantesque manège :
La noria... mais sans âne ! »
.
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