MA   PÉNÉLOPE

 

Tu es ma Pénélope et je suis ton Ulysse,

Je n'ai pas oublié les liens qui nous unissent !

Malgré l'éloignement et 20 ans de malheur,

Tu es loin de mes yeux mais tu es dans mon cœur !

Aux vents, je suis parti vers des îles lointaines,

Abandonnant l'amour pour une tâche hautaine ;

J'ai affronté des dieux, j'ai battu des silènes,

Sur des flots inconnus j'ai défié des sirènes !

 

J'ai résisté aux chants car j'étais enchaîné,

J'ai vogué sur des mers et des flots déchaînés !

Je ne suis pas tombé de Charybde en Scylla,

Pourtant Poséidon le mari de Gaïa

Avait promis ma perte en démontant les mers

Pour avoir refusé sa fifille très chère !

J'ai affronté des monstres et des vents mauvais,

J'ai évité tous les écueils que je pouvais !

 

J'ai bravé cent périls, j'ai bravé cent tempêtes,

Jamais face au danger je n'ai baissé la tête !

Quand un jour me venait un moment de faiblesse,

Surtout de lassitude ou même de mollesse,

Alors je repensais à toi et puis à nous,

Et j'imaginais mon dernier retour chez nous !

Soudain m'envahissait un sang neuf par miracle

Qui me permettait de vaincre tous les obstacles !

 

Mais j'ai tout oublié : le cheval, les cyclopes,

Mes copains d'infortunes et mes amours de gaupes !

Car le ciel s'est ouvert et la mer apaisée,

Maintenant que je pars j'ai l'esprit reposé !

Je vais te retrouver ma douce Pénélope :

Je sens dans ma poitrine mon cœur qui galope !

À l'idée de revoir mon amour éternel

Je me sens transporté dans un sublime ciel !

 

Mais toi tu es restée seul'e dans notre demeure

En priant tous les jours les dieux que je ne meure !

Tu défais chaque soir ton canevas en cours

Pour ne pas accepter ceux qui te font la cour !

Malgré tes prétendants tu m'es restée fidèle,

En m'attendant toujours, une vraie citadelle !

Je n'ai jamais douté de toi, tu le sais bien,

De m'avoir attendu, je te le rendrai bien !

 

Même si notre lit n'est pas fait d'olivier

Ni chêne ni sapin, ni de micocoulier,

Il nous retrouvera comme avant mon départ,

Un peu désordonné avec les draps épars !

Sur terre nous aurons notre vrai paradis :

Aucune tragédie mais que des comédies !

Tu es ma Pénélope et je suis ton Ulysse,

Nous aurons mon amour, une vie de délices !

 

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