LA  MER

De la côte j'écoute souvent
La chanson de la Mer et du vent.
La Mer vit à mes pieds, belle et immense
Et moi, assis sur ce rocher, je pense.
Elle étanche ma peine sans peine
Quand parfois je m'épanche et l'entraîne !
Vague murmure des vagues, oh !
Infini petit clapotis d'eau.
Monotone et lent est son refrain qui traîne,
C'est la douce chanson des reines sirènes.
Mais la Mer avec fracas se lance :
Mer des malchances, Mer des souffrances
Car ce soir en épousant la France, dis,
Je la subis en cette nuit qui m'ennuie.
Et si ce soir mon coeur déborde,
C'est que tu l'abordes et le sabordes.


Ecoute mon coeur qui goutte, goutte
Et goutte mon coeur qui s'égoutte.
Car les larmes que ce soir je verse
Et les frissons qui me traversent,
Sois-en sûre sont dus au vent
Ou bien alors c'est que je mens !
Et comme tes baisers de femme
Qui enflammaient toujours mon âme,
La brume qui par le vent se lève
Vient se poser humide sur mes lèvres.
Mer amère, salée comme tes pleurs,
Douces larmes de rosée qui faisaient mon bonheur.
Indicible douleur qui éclate mon cœur :
Taisez-vous flots quand je crie mon malheur !


Mais Mer de bonté, Mer de l'espoir,
Mer enivrante comme tes yeux :
Comme deux rayons dans le noir !
Plus profonds qu'elle, ils sont eux.
Si je les perds, alors je meurs ;
De cela tu devrais avoir peur.
Regarde la Mer : tu la vois, l'entends-tu ?
C'est le cri que je lance avec le reflux.
Il danse, se balance et s'élance
Et il t'arrivera avec un peu de chance !
Charmante Mer, calmante Mer, souvent je l'envie :
Elle n'aime personne et elle a des amis.
Jeux merveilleux de la Mer qui chante,
Chante et rechante et puis
m'enchante : la Mer !


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